L’ancien premier vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, a catégoriquement rejeté les accusations selon lesquelles il aurait, avec les membres de la milice White Army, retenu en otage 170 survivants des violences survenues en mars 2025 à Nasir. Devant la Cour spéciale, il affirme avoir plutôt œuvré à leur évacuation sécurisée vers Juba.
Lors de la 126ᵉ audience de la Cour spéciale, Riek Machar a contesté plusieurs accusations liées aux événements de Nasir, survenus en mars 2025. L’ancien vice-président nie avoir ordonné la détention de 170 personnes ayant survécu à ces violences. Selon sa version des faits, son intervention visait à faciliter leur transfert en toute sécurité de Nasir vers la capitale, Juba.
Machar a également rejeté les allégations selon lesquelles il aurait donné instruction au commandant des forces gouvernementales SSPDF, le général-major David Majur Dak, de se rendre aux forces de l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition (SPLA-IO). Il affirme avoir, au contraire, multiplié les démarches pour garantir l’évacuation sécurisée de cet officier. Il considère cette accusation comme une manœuvre à caractère politique.
Au cours de son intervention, l’ancien premier vice-président a aussi dénoncé des propos qu’il juge haineux, tenus lors de plusieurs discours prononcés à l’occasion des funérailles et de l’inhumation du général David Majur Dak, organisées à Juba le 19 mars 2025.
Des violences récurrentes à Nasir depuis 2020
Pour replacer les événements dans leur contexte, Riek Machar a évoqué une succession de plus de vingt affrontements entre des jeunes armés et les forces gouvernementales SSPDF, enregistrés dans la région de Nasir entre 2020 et 2025. Il a notamment cité les combats des 11 et 12 mai 2021 parmi les premiers incidents majeurs de cette période.
L’ancien responsable politique a par ailleurs tenu à clarifier sa position vis-à-vis de la White Army. Il affirme ne pas exercer de commandement sur ce groupe armé. Il a également soutenu que Regina Joseph Kaba, présidente par intérim du SPLM/A-IO, n’entretient aucun lien avec cette organisation.
Ces déclarations interviennent dans un contexte judiciaire marqué par les tensions politiques et sécuritaires persistantes au Soudan du Sud. Les événements de Nasir et les responsabilités présumées des différents acteurs continuent ainsi d’être examinés devant la juridiction spéciale.
À l’issue de cette 126ᵉ audience, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 6 novembre 2026, date prévue pour la poursuite des audiences.




