À N’Djamena, la situation de huit figures de l’opposition continue de susciter des interrogations. Interpellés le 25 avril, ces responsables politiques, tous membres du Groupe de concertation des acteurs politiques, étaient toujours en détention à la Coordination de la police judiciaire au 27 avril, où ils ont été entendus dans le cadre d’une procédure encore entourée de zones d’ombre.
Parmi eux, Nassour Koursami, président du parti Les Patriotes, et Max Kemkoy, à la tête de l’Union des démocrates pour le progrès (UDP), ont été auditionnés en présence de leurs avocats après avoir refusé la veille de comparaître sans assistance juridique. Les six autres opposants avaient, quant à eux, accepté d’être interrogés dès le 26 avril, sans leurs conseils, ces derniers ayant été empêchés d’accéder aux locaux de la police judiciaire, selon leurs soutiens.
D’après des sources proches du dossier, les procès-verbaux des auditions devraient être signés le 28 avril, ouvrant la voie à un éventuel transfert des mis en cause devant le parquet. Toutefois, les circonstances de leur arrestation continuent de faire débat. Des proches dénoncent l’absence de mandat d’arrêt au moment de leur interpellation, point qui alimente les critiques sur le respect des procédures judiciaires.
Sur le fond, le procureur reprocherait aux opposants d’avoir projeté une marche de protestation prévue le 2 mai, suspectée par les autorités de comporter des intentions insurrectionnelles et de menacer l’ordre public. Une accusation rejetée implicitement par leurs partisans, qui présentent cette initiative comme une mobilisation pacifique.
Ces arrestations interviennent dans un contexte politique tendu, marqué par la dissolution du Groupe de concertation des acteurs politiques le 24 avril par décision de la Cour suprême. Cette mesure faisait suite à l’appel du collectif à manifester contre la situation politique nationale.
Alors que l’affaire prend une dimension politique notable, une communication officielle du parquet est attendue pour clarifier les charges retenues contre les opposants. En attendant, cette séquence ravive les inquiétudes sur l’espace d’expression politique et les libertés publiques au Tchad.


