La Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (COSADT) hausse le ton contre la décision du gouvernement tchadien de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Dans une déclaration rendue publique le 8 août 2026 à N’Djamena, l’organisation dit exprimer sa « profonde préoccupation » et son indignation face à une décision qu’elle juge prise sans justification valable et susceptible d’affecter l’image du Tchad sur la scène internationale.
Pour la COSADT, le retrait de la CPI intervient dans un contexte marqué, selon elle, par une montée de l’impunité et des arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires visant des militants politiques, des journalistes et des citoyens critiques. L’organisation estime que cette décision pourrait être perçue comme une volonté d’échapper aux mécanismes de contrôle judiciaire, aussi bien au niveau national qu’international.
La coalition défend au contraire le maintien du Tchad au sein de la CPI, qu’elle présente comme un mécanisme important de lutte contre l’impunité et de recours pour les victimes de crimes graves lorsque les juridictions nationales ne sont pas en mesure d’assurer pleinement la justice. Elle considère également que la coopération avec la juridiction internationale contribue à renforcer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires et investisseurs.
Dans sa déclaration, la COSADT critique par ailleurs le soutien du gouvernement tchadien à certains États, notamment les États-Unis, qu’elle accuse de soutenir Israël, estimant que cette politique détournerait l’attention des enjeux de gouvernance et de justice sociale au Tchad.
Face à cette situation, la coalition demande aux autorités de reconsidérer la décision de retrait et de renforcer, au contraire, la coopération avec la CPI. Elle réclame également la fin de ce qu’elle qualifie d’impunité, la libération des détenus politiques et des personnes arrêtées arbitrairement, ainsi qu’une réforme profonde de la justice tchadienne.
Enfin, la COSADT appelle les responsables politiques, les organisations de la société civile et les leaders religieux à faire front commun autour de la justice, de la transparence et de l’État de droit. Pour la coalition, le renforcement de la justice nationale doit permettre, à terme, de rendre la CPI véritablement complémentaire et non indispensable.




