À N’Djamena, la tension sociale dans le secteur éducatif refait surface. Lors d’un point de presse tenu par la section provinciale du Syndicat des enseignants du Tchad (SET), les responsables syndicaux ont vivement critiqué les lenteurs du gouvernement dans la mise en œuvre de ses engagements, tout en appelant à des mesures urgentes pour préserver la stabilité du système éducatif.
Dans une déclaration adressée aux médias, le bureau exécutif du SET a expliqué que cette prise de parole visait à « maintenir le contact avec la base » et à alerter les autorités sur le non-respect des engagements pris envers les enseignants. Cette sortie intervient à un moment charnière, alors que l’année scolaire touche à sa fin et que les attentes du corps enseignant restent fortes.
Le syndicat a toutefois salué la nomination récente du ministre de l’Éducation nationale, exprimant l’espoir de voir la question des enseignants replacée au cœur des priorités gouvernementales. Mais cet optimisme reste mesuré face aux retards constatés dans la signature du protocole d’accord lié au décret 2850, dont l’échéance fixée au 3 avril 2026 n’a pas été respectée.
Selon le SET, cette « lenteur administrative, voulue et orchestrée », constitue un frein au dialogue social et alimente l’impatience des enseignants, en attente de mesures concrètes. Le syndicat pointe également du doigt la coupe jugée « injustifiée » des salaires du mois de février, qualifiée de violation des textes en vigueur. Il exige le remboursement intégral de ces retenues avant la fin du mois d’avril.
Dans ce contexte, la section provinciale interpelle directement le ministre d’État en charge de l’Éducation, Mahamat Ahmad Alhabo, l’exhortant à s’impliquer personnellement et de manière urgente dans la résolution des crises qui affectent le système éducatif tchadien.
Le SET rappelle que les enseignants, « piliers du système éducatif », méritent considération, respect et justice. Il appelle les autorités à agir rapidement afin d’éviter une détérioration du climat social, tout en invitant les enseignants à rester mobilisés.En guise d’avertissement, le syndicat prévient que faute de solutions durables dans les plus brefs délais, il se réserve le droit d’engager des actions syndicales d’envergure pour défendre les intérêts matériels et moraux des enseignants.
Cette nouvelle sortie du SET met en lumière un malaise persistant dans le secteur de l’éducation au Tchad, où le dialogue entre autorités et enseignants reste fragile, à la veille d’échéances cruciales pour l’école tchadienne.



