Face à la progression du phénomène de la traite des personnes, les autorités tchadiennes renforcent leur dispositif de lutte en rappelant aux services compétents leurs obligations en matière de poursuites judiciaires et de suivi des dossiers. Une note circulaire datée du 8 juillet 2026 appelle à une application stricte de la législation nationale afin d’améliorer la réponse de l’État contre cette criminalité.
Adressé aux délégués généraux des provinces, aux responsables de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale et de la Police judiciaire, le document souligne que la traite des personnes constitue l’une des plus graves atteintes aux droits humains, touchant principalement les femmes et les enfants soumis à l’exploitation sous diverses formes, notamment le travail forcé et l’exploitation sexuelle.
Les autorités rappellent que le Tchad fait partie aux principaux instruments internationaux de lutte contre la traite des personnes, notamment le Protocole de Palerme, ratifié en 2009. Sur le plan national, elles insistent sur l’application rigoureuse de la loi n°12/PR/2018 portant lutte contre la traite des personnes, considérée comme un texte spécial devant prévaloir dans le traitement de ces infractions.
La circulaire met également l’accent sur la nécessité de qualifier correctement les faits en s’appuyant sur les trois éléments constitutifs de l’infraction : les actes (recrutement, transport, transfert, hébergement ou accueil), les moyens utilisés pour soumettre la victime (violence, menace, fraude, abus d’autorité ou exploitation de la vulnérabilité) et le but recherché, à savoir toute forme d’exploitation.
Selon les signataires du document, une confusion persiste encore dans le traitement judiciaire de ces affaires, alors même que la traite des personnes prend de l’ampleur au Tchad et demeure une forme de criminalité transnationale organisée suivie de près par la communauté internationale.
Pour renforcer la coordination nationale, les services d’enquête sont désormais invités à conduire rapidement les investigations, à transmettre systématiquement les procédures aux juridictions compétentes et à signaler chaque affaire au Secrétariat général du ministère de la Justice ainsi qu’à la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes. Cette démarche vise à constituer une base de données nationale capable d’orienter les politiques publiques de prévention et de répression.
La note est cosignée par le Vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux chargée des Droits humains, Ndolenodji Alixe Naimbaye, ainsi que le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, le général Ali Ahmat Aghabache, qui appellent l’ensemble des autorités concernées à assurer une mise en œuvre diligente de ces nouvelles directives.




