Face à la recrudescence des tensions et des violences dans la localité de Miski, au Tibesti, les formations politiques de l’opposition démocratique appellent à l’arrêt des hostilités, à la transparence dans la gestion des ressources naturelles et à l’ouverture urgente d’une concertation nationale.
L’opposition démocratique tchadienne hausse le ton face à la dégradation de la situation sécuritaire à Miski, dans la province du Tibesti. Dans un communiqué conjoint n° 03, rendu public à N’Djaména le 20 octobre 2026, dix partis politiques expriment leur profonde préoccupation devant les violences enregistrées dans cette localité et plaident pour une réponse fondée sur la justice, le dialogue et la protection des populations civiles.
Les signataires adressent leurs condoléances aux familles endeuillées, expriment leur compassion aux personnes affectées et souhaitent un prompt rétablissement aux blessés. Ils réaffirment également leur attachement à la préservation de la vie humaine, à la dignité des citoyens et à l’intégrité territoriale du Tchad.
Les ressources naturelles au cœur des tensions
Pour l’opposition, la crise de Miski ne peut être dissociée des tensions persistantes autour de l’exploitation des ressources extractives et des revendications des populations locales en matière d’inclusion et d’équité.
Les partis signataires rappellent que les ressources naturelles appartiennent à la Nation et que leur exploitation doit répondre aux exigences de transparence, d’égalité, de justice sociale et de développement, notamment au bénéfice des zones productrices.
Ils évoquent également l’accord de paix signé le 20 avril 2025 entre le gouvernement et le Comité d’autodéfense. Selon leur lecture, cet accord constitue une reconnaissance de fait de cette organisation. Ils estiment, par conséquent, que le respect des engagements pris doit s’imposer à toutes les parties.
Rejet de l’escalade et des expéditions punitives
Dans leur déclaration, les formations politiques condamnent toute forme de violence susceptible de mettre en danger les civils. Elles appellent les protagonistes à faire preuve de retenue, à éviter toute escalade et à privilégier les mécanismes pacifiques de règlement du différend.
L’opposition met particulièrement en garde contre les expéditions punitives collectives et les opérations susceptibles d’aggraver les souffrances des populations innocentes. Elle rappelle que la responsabilité première de l’État consiste à protéger les citoyens et à garantir leurs droits fondamentaux, plutôt qu’à répondre à une crise interne par la seule démonstration de la force.
Les signataires réclament par ailleurs la publication d’informations crédibles et transparentes sur les événements récents. Selon eux, l’opacité entourant la situation favorise la propagation des rumeurs, les discours de haine ethnique et les manipulations de l’opinion publique.
Une enquête indépendante et une médiation politique réclamées
Pour établir les faits et prévenir de nouvelles violences, l’opposition demande la mise en place d’un mécanisme indépendant et crédible de vérification des événements survenus à Miski.
Elle plaide également pour la convocation urgente d’une concertation réunissant les différents acteurs concernés par la gouvernance des ressources naturelles et la gestion de la diversité, dans un esprit de justice et d’équité.
Le communiqué insiste, en outre, sur la nécessité de réactiver les mécanismes de médiation en associant pleinement le Cadre permanent de dialogue politique (CPDP). Pour les signataires, une sortie durable de crise suppose de s’attaquer aux causes profondes du conflit, notamment les exclusions, les inégalités et le déficit de confiance.
Un appel à la responsabilité nationale
Au-delà du cas de Miski, l’opposition inscrit les événements du Tibesti dans un contexte plus large de tensions politiques, institutionnelles, économiques et sociales auxquelles le Tchad est confronté.
Elle invite les autorités à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, la justice plutôt que l’arbitraire et l’inclusion plutôt que l’exclusion. Les citoyens sont, de leur côté, appelés au calme, à la vigilance et à la responsabilité, avec une mise en garde contre les discours de haine susceptibles de fragiliser la cohésion nationale.
Les partis signataires réaffirment enfin leur disponibilité à participer à toute initiative sérieuse de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de renforcement des fondements démocratiques de la République.
Pour l’opposition démocratique, la résolution de la crise de Miski ne saurait se limiter à un retour au calme obtenu par la force. Elle doit également passer par une gestion équitable des ressources, le respect des engagements, la transparence et une volonté politique de construire des solutions durables.





