La condamnation à huit ans d’emprisonnement ferme des huit leaders politiques de l’ancien Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), prononcée ce vendredi 8 mai 2026 par le tribunal de grande instance de N’Djaména, continue de susciter de nombreuses réactions dans l’opinion publique tchadienne. Parmi elles, celle du consultant et analyste Azoudoum Aweina Gédéon retient particulièrement l’attention par son ton ironique et critique à l’égard du fonctionnement de la justice tchadienne.
Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux, l’analyste a salué avec sarcasme la « célérité » de la procédure judiciaire ayant conduit au verdict en seulement dix jours. « Bravo à la justice tchadienne ! Pour une fois… », écrit-il d’entrée, laissant transparaître une critique implicite de la lenteur habituelle des procédures judiciaires dans le pays.
Azoudoum Aweina Gédéon estime que cette rapidité exceptionnelle pourrait servir d’exemple pour l’ensemble des juridictions nationales. Selon lui, de nombreux citoyens évitent aujourd’hui les tribunaux à cause des délais interminables dans le traitement des dossiers, préférant parfois des mécanismes informels de règlement des conflits. Il considère ainsi que la rapidité observée dans cette affaire constitue un « soulagement émotionnel » et un avantage économique pour les accusés comme pour leurs avocats.
Sans commenter le fond de la décision judiciaire, l’analyste souligne toutefois le caractère « expéditif » du procès impliquant plusieurs coaccusés et plusieurs chefs d’accusation. Il a même adressé ses « respects » au président du tribunal pour la conduite rapide de la procédure, tout en prenant soin de préciser qu’il s’abstenait de tout commentaire sur le contenu du jugement lui-même.
Cette sortie intervient dans un contexte politique particulièrement tendu au Tchad, où la condamnation des anciens leaders du GCAP continue d’alimenter les débats entre partisans du pouvoir, défenseurs des droits humains et acteurs de l’opposition.



