Près de 2.500 personnes, parmi lesquelles des médecins, des civils, des femmes et des enfants, seraient actuellement détenues par les Forces de soutien rapide (FSR) à El-Fasher, dans l’ouest du Soudan, selon un groupe médical local qui alerte sur une situation humanitaire critique dans cette zone en conflit.
Dans un communiqué rendu public ce lundi, le Sudan Doctors Network affirme que 20 médecins, dont quatre femmes, ainsi que plus de 1.470 civils et 907 membres des forces armées figurent parmi les détenus retenus dans plusieurs centres à El-Fasher, capitale de l’État du Darfour-Nord. Le réseau médical précise que les personnes concernées vivent dans des « conditions humanitaires et sanitaires extrêmement précaires ».
Selon la même source, parmi les détenus se trouvent également 370 femmes et 426 enfants, répartis entre différents lieux de détention, notamment la prison de Shalla, certaines infrastructures civiles comme un hôpital pour enfants, ainsi que des conteneurs utilisés comme espaces de rétention.
Le Sudan Doctors Network dénonce par ailleurs de graves violations présumées, évoquant des « exécutions sommaires » et un manque total de prise en charge médicale pour des blessés issus de bombardements. Ces accusations, particulièrement préoccupantes, n’ont pas encore fait l’objet d’une réaction officielle des Forces de soutien rapide.
Depuis la prise de contrôle d’El-Fasher par les FSR en octobre 2025, plusieurs organisations locales et internationales ont rapporté des exactions contre les civils, sur fond de tensions persistantes dans la région du Darfour. Cette situation alimente les inquiétudes sur une possible fragmentation du pays.
Le Soudan est plongé depuis avril 2023 dans une guerre opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide, née de désaccords sur l’intégration de ces dernières dans les forces armées. Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d’environ 13 millions de personnes, plongeant plusieurs régions dans une crise humanitaire majeure, marquée par des risques de famine.



