Tchad : les évêques tirent la sonnette d’alarme face aux violences et aux tensions politiques

Dans une déclaration empreinte de gravité, la Conférence des évêques du Tchad (CET) appelle à la paix, au dialogue et au respect des droits humains, dans un contexte marqué par des violences meurtrières et une crispation politique croissante.

Dans une déclaration empreinte de gravité, la Conférence des évêques du Tchad (CET) appelle à la paix, au dialogue et au respect des droits humains, dans un contexte marqué par des violences meurtrières et une crispation politique croissante.

Réunis sous la présidence de Mgr Martin Waingue Bani, évêque de Doba, les responsables de l’Église catholique se disent profondément attristés par les récents événements tragiques survenus dans plusieurs régions du pays. Ils évoquent notamment les conflits intercommunautaires dans le Dar Tama (Wadi Fira) et le Guéra, ainsi que l’attaque de la base militaire de Barka Toulorom dans la province du Lac, qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes.

Face à cette spirale de violence, les évêques condamnent fermement les tueries, rappelant le caractère sacré de la vie humaine. Ils expriment leur solidarité envers les familles endeuillées et les blessés, tout en appelant les populations à faire preuve de compassion et d’unité. « La violence ne peut être une réponse acceptable », insistent-ils, soulignant qu’elle ne fait qu’aggraver les divisions sociales.

Au-delà des violences sécuritaires, la CET s’inquiète également d’une « dégradation brusque » de la situation politique, marquée par des arrestations d’opposants et de voix critiques. Selon les évêques, ces pratiques portent atteinte aux principes démocratiques, notamment à la liberté d’expression et au respect des droits humains, fragilisant davantage la cohésion nationale.

Dans leur message, les prélats rappellent que le pluralisme culturel, politique et religieux constitue un socle essentiel pour la construction d’un État de droit. Ils mettent en avant la richesse de la diversité tchadienne, qu’ils considèrent comme un levier pour renforcer l’unité nationale, à condition qu’elle soit accompagnée de justice et d’inclusion.

Insistant sur la nécessité d’une sortie pacifique de la crise, les évêques plaident pour un dialogue « sincère et inclusif » entre toutes les parties prenantes. Ils estiment qu’un tel processus, fondé sur la vérité et le respect mutuel, demeure la seule voie pour parvenir à une réconciliation durable.

Enfin, la Conférence des évêques exhorte les autorités à faire preuve de retenue et de sagesse, en créant les conditions d’un climat de confiance propice à l’apaisement. Dans un appel solennel, elle invite l’ensemble des Tchadiens à œuvrer collectivement pour un pays « plus juste, plus solidaire et en paix ».

Cette prise de position intervient dans un contexte national tendu, où les défis sécuritaires et politiques continuent de mettre à l’épreuve la stabilité et le vivre-ensemble au Tchad.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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