Retrait du Tchad de la CPI : l’opposition démocratique réclame un débat national et dénonce une décision unilatérale

L'opposition démocratique tchadienne est montée au créneau après l'annonce du retrait du Tchad du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué officiel signé par plusieurs responsables de partis politiques, elle exprime sa « profonde préoccupation » face à une décision qu'elle juge lourde de conséquences sur les plans juridique, diplomatique et politique

L’opposition démocratique tchadienne est montée au créneau après l’annonce du retrait du Tchad du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué officiel signé par plusieurs responsables de partis politiques, elle exprime sa « profonde préoccupation » face à une décision qu’elle juge lourde de conséquences sur les plans juridique, diplomatique et politique.

Les signataires estiment qu’une telle orientation ne pouvait être arrêtée sans un débat national associant les forces politiques, la société civile et les institutions compétentes. Selon eux, un engagement international aussi important mérite un consensus national plutôt qu’une décision prise de manière unilatérale par le gouvernement.

Réagissant aux arguments avancés par les autorités, notamment ceux relatifs à une supposée sélectivité de la CPI envers les États africains, l’opposition reconnaît que des critiques existent à l’égard du fonctionnement de la juridiction internationale. Toutefois, elle considère que ces réserves ne suffisent pas à justifier le retrait du Tchad. Le communiqué rappelle que le principal dossier ayant directement concerné le pays devant la CPI est celui de l’ancien président soudanais Omar el-Béchir, poursuivi pour des crimes commis au Darfour, un conflit qui a également touché de nombreuses familles tchadiennes.

L’opposition rejette également l’idée selon laquelle les juridictions nationales et africaines seraient désormais en mesure de remplacer pleinement la CPI. Elle estime qu’au regard des difficultés persistantes affectant les systèmes judiciaires, le maintien du Tchad au sein du Statut de Rome demeure une garantie supplémentaire dans la lutte contre l’impunité et la protection des droits humains.

Dans son communiqué, la coalition politique appelle le gouvernement à suspendre la procédure de retrait afin d’engager un dialogue national inclusif et transparent. Elle réaffirme son attachement aux principes de justice, de responsabilité et de lutte contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les violations graves des droits humains.

Les signataires plaident par ailleurs pour une réforme de la Cour pénale internationale dans un cadre multilatéral plutôt qu’un retrait du traité fondateur. Ils invitent également les autorités tchadiennes à privilégier le dialogue avec les partenaires africains et internationaux afin d’améliorer le fonctionnement de la justice pénale internationale.

Enfin, l’opposition démocratique exprime son inquiétude face à ce qu’elle qualifie de « mimétisme » des décisions prises par certains États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), estimant que le contexte tchadien est différent. Elle conclut en réaffirmant son engagement en faveur d’un Tchad respectueux de ses obligations internationales, attaché à l’État de droit et résolument engagé dans la lutte contre toutes les formes d’impunité.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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