Tchad: Azoudoum Aweina Gédéon met en parallèle les critiques contre Ahmat Akhabach et les précédentes dénonciations de la justice tchadienne

La polémique autour des déclarations du ministre tchadien de la Sécurité continue d’alimenter le débat public. Alors que plusieurs magistrats et organisations professionnelles dénoncent les propos jugés offensants du membre du gouvernement à l’encontre de la justice tchadienne, le consultant Azoudoum Aweina Gédéon est monté au créneau pour défendre le ministre, estimant que ses déclarations traduisent une réalité connue de tous.

La polémique autour des déclarations du ministre tchadien de la Sécurité continue d’alimenter le débat public. Alors que plusieurs magistrats et organisations professionnelles dénoncent les propos jugés offensants du membre du gouvernement à l’encontre de la justice tchadienne, le consultant Azoudoum Aweina Gédéon est monté au créneau pour défendre le ministre, estimant que ses déclarations traduisent une réalité connue de tous.

Dans une analyse relayée sur les réseaux sociaux, Azoudoum Aweina Gédéon présente le ministre Ahmat Akhabach comme « le ministre de la Sécurité le plus courageux » depuis le départ d’Ahmat Bachir du gouvernement. Selon lui, malgré certaines insuffisances liées à « l’ignorance de certains principes et lois de la République », le ministre travaillerait « avec tout son cœur » dans un contexte institutionnel profondément fragilisé.

Le consultant estime que les critiques dirigées exclusivement contre le ministre occultent les dysfonctionnements plus larges du système étatique tchadien. Il évoque notamment les violations présumées de la Constitution, la dissolution du GCAP, ainsi que les arrestations et condamnations de certains de ses membres. Pour lui, ces épisodes soulèvent des interrogations sur le rôle et l’indépendance du pouvoir judiciaire dans la protection de l’État de droit.

Dans son texte, Azoudoum Aweina Gédéon cite également plusieurs personnalités ayant publiquement dénoncé la corruption dans le système judiciaire tchadien. Il rappelle qu’Adjib Koulamallah avait récemment déclaré sur une chaîne de télévision que « la justice tchadienne est pourrie » et que « les décisions de justice s’achètent ». Il mentionne aussi les propos tenus en 2021 par l’ancien ministre de la Justice, Mahamat Ahmat Alhabo, qui avait reconnu l’existence de pratiques de corruption dans les palais de justice.

Pour le consultant, les réactions actuelles des magistrats ne devraient donc pas se focaliser uniquement sur les déclarations du ministre de la Sécurité, mais plutôt sur les problèmes structurels dénoncés depuis plusieurs années. Il s’interroge notamment sur ce qui choque réellement dans les propos du ministre : « son ton », « son tempérament » ou encore sa menace de « déchirer une ordonnance de justice ».

Cette sortie intervient dans un climat de tension croissante entre le ministère de la Sécurité et des magistrats tchadiens, après des déclarations du ministre ayant suscité une vague d’indignation au sein du corps judiciaire. Plusieurs voix réclament désormais le respect de l’indépendance de la justice et l’apaisement des relations entre les institutions de la République.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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