Alors que les conflits intercommunautaires continuent de fragiliser la cohésion sociale dans plusieurs provinces du Tchad, la pratique de la diya, compensation financière versée aux familles des victimes suscite de plus en plus de débats quant à son efficacité dans la prévention durable des violences.
Dans une analyse, le citoyen tchadien Adam Ory estime que ce mécanisme, traditionnellement utilisé pour apaiser les tensions après des affrontements meurtriers, présente aujourd’hui des limites qui méritent une réflexion approfondie. Selon lui, l’État intervient régulièrement en accordant des compensations aux familles touchées, souvent par l’entremise de personnalités influentes ou de cadres issus des communautés concernées.
Si cette démarche vise à favoriser le retour au calme et à encourager la réconciliation, Adam Ory souligne que l’absence de mécanismes rigoureux de contrôle peut parfois compromettre les objectifs recherchés. Il relève notamment que le manque de transparence dans la gestion et la distribution des fonds peut ouvrir la voie à des détournements ou à des pratiques opportunistes de la part de certains intermédiaires.
Pour l’analyste, cette situation risque de créer des intérêts particuliers autour de la compensation financière, au point que certains acteurs puissent être tentés de tirer profit des crises plutôt que de contribuer activement à leur résolution. Dans ce contexte, la diya, conçue comme un outil de réparation, pourrait paradoxalement devenir un facteur indirect de prolongation des tensions.
Adam Ory plaide ainsi pour une réforme des mécanismes d’indemnisation, fondée sur la transparence, le contrôle des autorités compétentes et l’implication directe des familles bénéficiaires. Il estime également que les compensations financières ne sauraient, à elles seules, garantir une paix durable.
« La paix durable repose aussi sur la justice, le dialogue sincère entre les communautés et la prévention des causes profondes des conflits », soutient-il.
Cette réflexion intervient dans un contexte où les autorités tchadiennes et les organisations de la société civile multiplient les initiatives de médiation afin de réduire les violences communautaires et de renforcer le vivre-ensemble à travers le pays.




