L’économie tchadienne affiche une progression de 5,9 % en 2025, contre 4,2 % en 2024, selon les comptes nationaux annuels publiés par l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED). Cette accélération s’explique notamment par la reprise des activités extractives et la bonne tenue du secteur primaire, malgré des évolutions contrastées entre les différentes branches de l’économie.
Dans ses statistiques semi-définitives de 2025 et définitives de 2024, établies sur la base de l’année 2017, l’INSEED souligne que la croissance du produit intérieur brut (PIB) hors activités extractives s’est établie à 5,1 % en 2025. Cette performance témoigne d’une dynamique économique qui ne se limite pas au secteur pétrolier.
Les activités extractives en première ligne
La reprise des activités extractives constitue l’un des principaux moteurs de cette croissance, avec une contribution de 1,7 point de pourcentage à la progression du PIB. L’élevage et l’agriculture vivrière ont également joué un rôle important, apportant chacun 1,2 point à la croissance économique nationale.
Le commerce et la réparation ont contribué à hauteur de 0,4 point, tandis que l’administration publique a apporté 0,3 point. En revanche, la pêche et la pisciculture ont enregistré une contribution négative de 0,2 point, illustrant les disparités qui persistent entre les branches d’activité.
Par secteur, le primaire affiche une croissance de 6,3 %, suivi du secondaire avec 6,6 % et du tertiaire avec 4,5 %. Les impôts nets sur les produits ont, pour leur part, progressé de 8,9 % en volume.
Un PIB nominal de plus de 12 491 milliards de FCFA
En valeur courante, le PIB du Tchad atteint 12 491,4 milliards de FCFA en 2025. La structure de cette richesse nationale reste dominée par le secteur primaire, qui représente 38,9 % du PIB. Le tertiaire pèse 31,7 %, contre 25,7 % pour le secondaire. Les impôts nets sur les produits représentent les 3,6 % restants.
Du côté de la demande, la consommation finale progresse de 5 %, tout comme la formation brute de capital fixe, un indicateur des investissements réalisés dans l’économie. Les exportations de biens et services augmentent de 6,4 %, tandis que les importations enregistrent une hausse plus marquée de 8,3 %.
Selon l’INSEED, la consommation finale contribue à hauteur de 3,5 points à la croissance. Le taux d’investissement total atteint 20,3 % du PIB, tandis que l’épargne intérieure brute représente 28,6 % de la richesse nationale.
Des prix en recul, mais des enjeux persistants
Malgré cette progression de l’activité, les indicateurs de prix évoluent différemment. Le déflateur du PIB recule de 2,1 % en 2025, après une hausse de 3,9 % en 2024. Cette baisse est notamment liée au recul des prix des produits extractifs, en particulier du pétrole.
Les prix à l’exportation diminuent de 10,4 %, tandis que ceux à l’importation reculent de 1,3 %. À l’inverse, les prix de la consommation finale marchande augmentent de 1,4 %.
Ces données dressent le tableau d’une économie tchadienne en expansion, soutenue à la fois par les activités extractives, l’élevage et l’agriculture. La progression du PIB hors activités extractives constitue également un indicateur important de la dynamique des autres secteurs.
Toutefois, ces résultats macroéconomiques ne suffisent pas, à eux seuls, à mesurer leurs effets sur le quotidien des ménages, notamment en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de conditions de vie.




