
Les rideaux sont tombés ce mercredi sur l’atelier de réflexion consacré à la professionnalisation des organisations féminines engagées dans la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Organisée au Centre d’études et de formation pour le développement (CEFOD) par la Coalition des Femmes Tchadiennes Médiatrices pour la Paix Durable (CFTMPD), la rencontre a réuni pendant deux jours les représentantes de 30 organisations féminines venues réfléchir aux moyens de renforcer leur efficacité dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement du leadership féminin et construction d’un mouvement fort pour la paix au Sahel », mis en œuvre avec l’appui d’Oxfam et d’ONU Femmes. Les travaux ont porté sur la spécialisation des organisations féminines selon les différents piliers de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, notamment la prévention, la protection, la participation, le relèvement et la reconstruction.

L’objectif principal de l’atelier était d’orienter les organisations vers leurs domaines d’intervention respectifs, de définir des rôles complémentaires et de promouvoir une meilleure mutualisation des expertises et des ressources. Les participantes ont également travaillé à l’élaboration d’un cadre de collaboration et de concertation destiné à renforcer les synergies d’action entre les différentes structures.
À l’issue des échanges, plusieurs résolutions et recommandations ont été adoptées à l’attention du gouvernement ainsi que des partenaires techniques et financiers. Les participantes ont notamment plaidé pour un renforcement des capacités institutionnelles des organisations féminines, une participation accrue des femmes aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits, ainsi que la mise en place de financements durables pour soutenir les initiatives féminines de médiation et de consolidation de la paix.

Prenant la parole lors de la cérémonie de clôture, la présidente de la CFTMPD, Achta Djibrine Sy, a salué l’engagement et la qualité de la participation des différentes organisations. Elle a qualifié cette rencontre de « véritable atelier de co-construction pour une paix durable au Tchad », tout en exprimant sa gratitude aux partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement. Elle a également réaffirmé la disponibilité de la coalition à soutenir toutes les organisations féminines désireuses de poursuivre le combat en faveur de la dignité, de la justice et de la paix.De son côté, Ali Moustapha, représentant du directeur pays d’Oxfam, a souligné la pertinence de l’approche adoptée durant les travaux.

Selon lui, la spécialisation des organisations par pilier d’intervention constitue un levier stratégique permettant aux partenaires de mieux orienter leurs appuis et de renforcer l’efficacité des actions menées sur le terrain. « La spécialisation est un travail stratégique qui permet aux organisations féminines d’être plus efficaces », a-t-il déclaré.
Clôturant officiellement l’atelier, le Secrétaire technique permanent de la Résolution 1325 a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des réflexions menées. Il a salué l’engagement et la volonté collective des participantes de bâtir une dynamique forte en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du développement inclusif. Il a également rendu hommage au leadership de la coalition, dont l’action contribue à structurer davantage le mouvement féminin tchadien.

Pour lui, les recommandations formulées traduisent la détermination des organisations féminines à jouer pleinement leur rôle dans la prévention, la protection et la résolution des conflits. « La professionnalisation des organisations féminines n’est pas une option, mais une nécessité pour relever les défis de la paix durable », a-t-il affirmé.
À travers cet atelier, les organisations participantes ont renouvelé leur engagement à construire un mouvement féminin fort et coordonné, capable de peser davantage dans les processus de paix au Tchad et dans l’ensemble de l’espace sahélien. Une ambition qui témoigne de la place croissante des femmes dans la recherche de solutions durables aux crises qui affectent la région.




